Les majestueux alignements d’arbres bordant nos routes ne sont pas qu’un simple décor verdoyant ; ils racontent une histoire vieille de cinq siècles. En 1552, le roi Henri II ordonne la plantation d’ormes le long des grands chemins pour délimiter les parcelles agricoles et fournir du bois de chauffage renouvelable. Plus tard, j’ai découvert, lors d’un séjour en Normandie, que ces ormes servaient aussi de repères pour les voyageurs dépourvus de carte, comme me l’a expliqué un garde forestier local (Office national des Forêts).
Des usages militaires à l’aménagement urbain
Sous le Consulat et l’Empire, Napoléon Ier poursuit cette tradition en plantant des platanes, destinés à fabriquer des affûts de canon et à abriter les troupes le long du canal du Midi. Plus tard, au XIXᵉ siècle, les anciens remparts cèdent la place aux boulevards bordés d’arbres : ces « boulevards » atténuent la portée de l’artillerie tout en embellissant la ville. J’ai pu en juger moi-même à Lyon, où les platanes offrent aujourd’hui une ombre bienvenue aux promeneurs, tout en rappelant leur vocation défensive initiale (Direction régionale des Affaires culturelles).
Aujourd’hui, entre beauté et sécurité
Ces lignes d’arbres sont devenues un symbole du patrimoine paysager, appréciées pour leur esthétique et leur contribution à la biodiversité urbaine. Pourtant, leur proximité avec la chaussée reste dangereuse : en 2022, 273 décès sur les routes françaises étaient attribués à des collisions contre un arbre (Observatoire national interministériel de la sécurité routière, 2023). Pour concilier sécurité et sauvegarde de ces trésors verts, il importe de respecter les limitations de vitesse, surtout sur les routes de campagne, et d’encadrer les plantations via des plans de voirie adaptés.




